Mettre l’homme au centre de notre agir: La fragilité de l’être humain le pousse à repenser sa place dans l’humanité

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Réflexion d’Austin Emeka Dengba de la République Démocratique du Congo d’un être humain sur la pandémie du Coronavirus.

Depuis que la pandémie du Coronavirus a secoué l’humanité, des efforts sont déployés par les pouvoirs publics; les médecins et personnels soignants continuent de donner le meilleur d’eux au point d’avouer leur limites face au débordement des malades dans des structures sanitaires.

Des limites sur le plan logistique certes, mais aussi des limites face aux questionnements existentiels sur le sens de la vie et de l’existence de l’homme sur terre.

Austin Emeka Dengba au milieu (qui parle) avec les autres participants venant de la RDC durant la rencontre de Together for a new Africa en janvier 2020.

Ainsi, à côté des praticiens du métier d’hippocrate, je propose une petite réflexion philosophique sur le fondement de l’existence, de notre existence afin de conforter notre optimisme face à la pandémie du Coronavirus.

En effet, au-delà des dégâts causés par la pandémie, celle-ci vient mettre en évidence ce que j’appelle  “la vertu de la mort…”

Oui, la mort a des vertus.

Non seulement qu’elle intervient dans le cycle naturel de rajeunissement de l’espèce à travers  dialectique Naissance-Décès-Naissance, la mort vient renforcer la conscience de l’humanité en l’invitant à économiser la vie, à la prendre au sérieux et à en prendre soin car elle est si fragile.

Le sens et la pertinence de la vie s’apprécie désormais par rapport à la mort, un peu comme la lumière qui n’a de sens que par rapport à l’obscurité; le Bien par rapport au mal… Evoluons dans le raisonnement!

Il va sans dire, les pertes en vies humaines causées par ce virus nous donnent les raisons de relativiser tous les paradigmes de la civilisation post moderne, à savoir l’économie, la médecine, la technologie qui ne procurent plus de satisfaction à l’homme…: certains centres hospitaliers (dans mon pays) ont même fermé les portent, et les médecins recommandent aux individus de rester à la maison…

Pour une fois, le confinement chez soi devient plus sécurisant que dand les centres hospitaliers; trop de richesses cumulées n’ont pas été suffisantes pour racheter la vie.

Ceci devrait pousser l’humanité à aller plus loin dans la réflexion, en cherchant des nouveaux paradigmes sur lesquels la civilisation devrait être bâtie. 

Oui, devant le constat de la finitude, je propose aux leaders de se questionner sur l’infini et les réalités immuables qui ne peuvent être appréhendées par les avancées technologiques ou scientifiques.

Ces réalités d’ordre nouménal qui échappent au cartésianisme se rapportent à la transcendance…que les religions identifient à Dieu.

Dieu qui demeure insaisissable par les seules exigences de la  Rationalité…

Ce Dieu, être infini et transcendant est cerné par l’élan du coeur qui se décline sur l’amour, l’hospitalité, la générosité, la justice.

Ces valeurs retrouvent aujourd’hui toute leur pertinence oubliée par une société dominée par la technocratie et la quête effrenée du lucre.

Oui, là où la Science et la Raison s’arrêtent, l’amour peut raviver les raisons d’espérer…

Après la victoire certaine sur la pandémie du coronavirus,  l’humanité tout entière devra être rééduquée aux valeurs d’amour du prochain, de justice, d’hospitalité, etc.

Par l’amour je précise qu’il s’agit pas d’un amour au sens horizontal du terme, c’est-à-dire un humanisme radicaliste, égoïste et athée; au contraire, je fais allusion à l’amour qui s’inspire de la foi, la charité et l’espérance lesquelles sont des vertus théologales.

L’athéisme a supprimé Dieu et la morale, ne se rendant pas compte que quand on perd le sens de Dieu, cela entraîne aussi la perte du sens de homme.

Le moment est venu de revisiter Dieu et de le redécouvrir dans les livres saints et dans la profondeur de nos coeurs.

Je postule qu’au bout de cette démarche introspective, nous  découvrirons Dieu dans toute la splendeur de son amour incommensurable pour homme qu’il a créé libre.

Oui, Dieu a créé l’homme libre…

C’est maintenant à l’homme, c’est à chacun de nous, de faire bon usage de sa liberté, en mettant l’homme au centre de notre agir, de sorte que notre agir soit conforme aux prescriptions divines et qu’il nous identifie à la communauté des humains à laquelle nous appartenons.